Feux de circulation
1. Les différents types de programmes
On peut distinguer trois modèles de programmes réglant les feux de circulation en mode impératif:
Les deux derniers supposent la capacité de connaître l'état du trafic, par l'usage des boucles électriques à induction installées dans la route (détection de toute masse métallique) et de boutons-poussoirs actionnés par les piétons.
On parle de programmes impératifs (vert-jaune-rouge) par opposition au programme clignotant.
Programmes cycliques fixes
J'appelle programme cyclique fixe un programme fonctionnant selon un cycle d'une durée fixe (par exemple 80 secondes), comportant chaque fois les mêmes phases enchaînées dans le même ordre. C'est le modèle de base. Le fonctionnement est donc toujours le même, il ne tient aucun compte de la situation du trafic.
Un tel programme peut être représenté par un cadran d'horloge équivalent au nombre de secondes du cycle, sur lequel on indique les phases vertes.

Programmes cycliques conditionnels
J'appelle programme cyclique conditionnel un programme fonctionnant selon un cycle de durée fixe, comportant diverses phases comme un programme cyclique fixe, mais avec la possibilité de remplacer une phase inutile par une autre de même durée. Le fonctionnement garde ainsi un rythme de base régulier.
En cas de trafic sur tous les axes du carrefour, il se comporte comme un programme cyclique fixe. Mais lorsqu'une voie de circulation est vide (ou un bouton-piétons non actionné), la phase verte correspondante peut être remplacée par une prolongation de la phase verte précédente ou un avancement de la suivante. S'il n'y a aucun trafic sur tout le carrefour, l'axe principal peut rester constamment au vert.
Comme il s'agit toujours d'un programme cyclique, on peut aussi le représenter par un cadran d'horloge.

Programmes acycliques
J'appelle programme acyclique un programme ne respectant aucun cycle, ni par la durée ni par l'enchaînement des phases.
L'ordre (ou même la combinaison) des phases vertes est déterminé par l'ordre d'arrivée des véhicules (détection par boucles électriques) ou des piétons (boutons-poussoirs).
La durée des phases vertes reste fixe pour les piétons, mais elle est variable pour les voies de circulation: le feu redevient rouge dès le passage du dernier véhicule de la colonne (lorsque la boucle électrique ne détecte plus aucun véhicule), ou au bout d'une durée maximale fixée (si la colonne est trop longue).
Un tel fonctionnement s'avère extrêmement souple et rapide, surtout par le raccourcissement de phases vertes parfois inutilement longues. La phase «par défaut» (s'il n'y a aucun trafic sur le carrefour) peut être soit la phase verte de l'axe principal, soit la dernière phase verte demandée, soit enfin le feu rouge sur tous les axes. Cette dernière possibilité, souvent mal comprise par les automobilistes, permet de donner immédiatement le feu vert au premier véhicule arrivant, avant même qu'il n'ait dû s'arrêter.
Les programmes acycliques tendent à se généraliser sur tous les carrefours modernes. Les professionnels parlent sauf erreur de programme en temps réel.
Programme clignotant
Le mode clignotant (circulation libre) constitue une alternative au mode impératif (circulation réglée par les feux). Il est utilisé le plus souvent pendant la nuit, ou lorsque la densité du trafic est trop faible pour justifier un fonctionnement en mode impératif.
Le programme clignotant peut être enclanché selon un horaire fixe (par exemple la nuit entre 20 h. et 6 h.) ou en fonction des informations fournies par les boucles de détection (densité du trafic inférieure à un seuil défini). Dans certains cas particuliers, il peut s'agir d'un programme «par défaut», par exemple aux abords d'un giratoire (le mode impératif ne s'enclanche alors que sur demande d'un piéton).
Enfin, les carrefours équipés d'un système de détection des ampoules cassées peuvent se mettre automatiquement au clignotant si plusieurs ampoules rouges d'une même voie de circulation sont hors service. Cela évite le risque d'un accident.