La répression policière existe
Les alternatifs lausannois l'ont rencontrée
Pour une fois, je voudrais utiliser cette rubrique pour exprimer ma grande satisfaction et adresser des remerciements. Je tiens en effet à dire un grand merci aux militants alternatifs qui ont manifesté samedi passé à Lausanne pour dénoncer la répression policière dont ils font l'objet et pour protester contre le fait que ceux d'entre eux qui participent à des manifestations non autorisées sont systématiquement identifiés par la police lausannoise, puis convoqués, interrogés, punis.Combien de fois n'avons-nous pas pesté, nous, pauvres citoyens soumis au système, contre cette poignée de voyous encagoulés qui s'approprient les rues de notre capitale, contre ces marginaux paresseux qui bloquent nos bus et nos voitures au moment où nous rentrons de notre travail, contre ces soixante-huitards attardés qui souillent nos murs de leurs graffitis pseudo révolutionnaires? Combien de fois n'avons-nous pas regretté, fatigués et furieux, qu'ils ne soient pas fusillés, pendus et condamnés au bagne? A la télévision, nous voyions les CRS français se battre même contre les défilés des sapeurs-pompiers, mais nous avions l'impression qu'ici, les policiers lausannois ne faisaient rien contre les fauteurs de trouble masqués. Un sentiment d'injustice nous envahissait...
Grâce aux slogans scandés par les alternatifs ce dernier week-end et complaisamment relayés par les médias, nous savons maintenant que chaque débordement a une suite, que les autorités agissent, que Monsieur Metraux n'est plus avec eux mais avec nous, qu'à défaut de lacrymos il y a au moins des procès-verbaux, que ces gens qui nous enquiquinent sont à leur tour enquiquinés par la police, qu'ils sont systématiquement identifiés, convoqués, interrogés, punis.
Cela nous fait infiniment plaisir!
(Le Coin du Ronchon, La Nation du 23 mars 2001)