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vendredi 14 novembre 2025

L’avion, symbole de liberté et de prospérité

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Il y a quelques décennies, on voyait des soucoupes volantes au-dessus des champs. On pensait qu’elles venaient de mars. Le sujet passionnait les foules, mais on n’avait pas vraiment d’informations fiables, pas d’images, pas de descriptions précises.

Aujourd’hui, on voit des drones au-dessus des aéroports. On pense qu’ils viennent de Russie. C’est «le» grand sujet médiatique du moment, mais on n’a pas vraiment d’informations fiables, pas d’images, pas de descriptions précises.

Les soucoupes volantes ne provoquaient pas de dégâts, à part quelques marques circulaires dans les champs. Les drones, eux, entraînent aujourd’hui de graves perturbations du trafic aérien sur toute l’Europe.

Les adversaires les plus acharnés du trafic aérien ont été jusqu’ici les militants écologistes – parce que l’avion, c’est mal; ça pollue, ça détruit le climat et ça offre trop de liberté aux gens. On ne saurait pourtant soupçonner les drones perturbateurs d’aujourd’hui d’être télécommandés par des militants écologistes; on nous assure en effet qu’ils sont pilotés depuis le Kremlin et il y a peu de militants écologistes là-bas. Cela permet à l’officialité politico-médiatique de conclure que les perturbations du trafic aérien, qui auraient été considérées comme bénéfiques pour le climat en temps normal (on nous l’a beaucoup répété il y a cinq ans), constituent aujourd’hui une atteinte grave à la liberté et à la prospérité de nos sociétés démocratiques.

Qui eût cru que les voyages en avion retrouveraient aussi rapidement leurs lettres de noblesse, et que voler vers des horizons proches ou lointains deviendrait un acte de résistance? Mlle Thunberg doit beaucoup en vouloir à M. Poutine de ce retournement spectaculaire.

Si l’on en croit la presse, les autorités aéroportuaires envisagent maintenant d’utiliser des lasers pour combattre les drones perturbateurs. On sait cependant à quel point les lasers peuvent être dangereux pour le trafic aérien, et il n’est donc pas exclu qu’il faille utiliser des drones pour combattre les lasers. Face à ces déploiements de force, la population d’Océania restera convaincue qu’elle est en guerre contre l’Eurasia et l’Estasia.1

(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 2292, 14 novembre 2025)

(1 paragraphe non publié)