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vendredi 4 février 2005

Les riches et l'argent des riches

La présence sur les marchés, en janvier, pour faire signer les référendums contre les hausses d'impôts votées par le Grand Conseil a été une occasion édifiante de redécouvrir toute l'inimitié, l'envie, la jalousie et la méchante humeur qu'éprouve l'homme de la rue envers «les riches».

Aux yeux des principes socialistes dans lesquels nous baignons, celui qui possède des biens propres les a forcément obtenus de façon immorale, soit en les volant, soit en profitant d'une chance que les autres n'ont pas eu. En tout état de cause, il s'agit d'un privilégié, et chez nous, les privilégiés, on ne les aime pas. On les aime peut-être s'ils sont des champions sportifs ou des vedettes de la chanson ou du spectacle, auquel cas on est prêt à payer très cher pour aller les voir. Mais une fois qu'ils ont empoché tout l'argent qu'on leur a donné, on ne les aime plus, parce que ce sont «des riches».

Le riche est un type qui achète des voitures chères au garagistes du coin, qui fait refaire sa villa par des artisans de la région, qui paie des sommes énormes à sa commune, à son canton, à la Confédération et aux assurances sociales. Le riche est un type qui vous fait vivre confortablement grâce à l'argent qu'il dépense, mais dont vous êtes persuadé qu'il pourrait vous faire vivre encore plus confortablement s'il consentait à dépenser tout ce qu'il a de plus que vous.

Le riche, par définition, est un salaud qui a plus d'argent que vous et qui mérite donc d'être dépouillé de cette différence dont vous n'arrivez pas à vous enrichir.

(Le Coin du Ronchon, La Nation du 4 février 2005)