Les verts, les rouges, leurs victimes et deux heureuses conclusions
La mode est à la recherche de victimes. Parfois sous des toits effondrés, malheureusement. Mais aussi en politique, où des agitateurs professionnels traquent avec une avidité malsaine des «victimes» susceptibles de servir leurs intérêts. C'est ainsi qu'on a appris début janvier que Greenpeace voulait recruter des personnes atteintes dans leur santé par des maladies «que les médecins attribuent en grande partie à des polluants»; ces personnes devaient être disposées à porter plainte contre des autorités, contre des politiciens, voire contre des automobilistes, tous coupables d'empoisonner l'atmosphère. L'organisation écologiste reconnaissait que de telles plaintes avaient peu de chances d'aboutir mais qu'il s'agissait de déclencher des procès-pilotes et d'exercer un pouvoir de nuisance maximum pour «consacrer le droit à l'air pur».Au même moment, les socialistes de partout sauf d'Obwald recherchaient des victimes des baisses d'impôts à Obwald. Aucun des bénéficiaires de cette mansuétude fiscale n'ayant voulu s'en plaindre, il a fallu parachuter d'urgence un candidat au martyr trop heureux de quitter un canton fortement taxateur pour un demi-canton modérément percepteur. La presse nous ayant déjà repu de ce sujet de peu d'intérêt, on ne s'y étendra pas ici, sauf pour mentionner l'interview de la TSR où notre Peppone intercantonal aurait affirmé que son déménagement en Suisse centrale constituait «une action dans un pays qui ne connaît pas de véritable gauche».
Heureuses conclusions: si Obwald ne connaît pas de véritable gauche, alors il ne s'agit pas seulement d'un paradis fiscal, mais aussi d'un paradis tout court (même si le Diable y rôde désormais). Et si Monsieur Z. a bien prononcé le mot «pays» pour désigner un canton suisse, alors il n'est décidément pas si mauvais qu'on le dit.
(Le Coin du Ronchon, La Nation du 3 février 2006)