Ne faites ni comme je dis, ni comme je fais!
On a vu un ministre français socialiste, affichant volontiers sa sévérité à l'égard de l'évasion fiscale, planquer des centaines de milliers de francs ou peut-être même des millions dans une banque étrangère, à l'abri du fisc. Ce n'est certainement ni le premier, ni le dernier, mais tout le monde a feint d'être surpris qu'un défenseur des classes laborieuses puisse posséder autant d'argent.On a vu et l'on voit encore un président socialiste recourir à quelques violences policières contre les manifestants qui dérangent son pouvoir. La chose était courante, autrefois, dans les pays de l'ex-bloc de l'Est; chez nous, on était moins habitué à voir la gauche fricoter avec les uniformes. Et pourtant: après les «CRS-SS» de 1968, voici les «CRS-PS» de 2013.
Plus près de chez nous, on a vu un avocat socialiste exploiter sa gouvernante et chinder avec les salaires minimaux, puis accuser sa femme d'être seule responsable de l'affaire. La presse locale, également de gauche, en a fait ses choux gras car on n'est jamais si bien trahi que par ses propres amis politiques.
On pourrait en tirer la conclusion, très humaniste, que finalement la droite et la gauche c'est kif-kif et qu'il y a de part et d'autre des voyous et des braves gens. Après tout, le principe Faites comme je dis, pas comme je fais! n'est-il pas le plus universellement répandu?
Ce n'est pas faux. La différence, c'est qu'à gauche, il ne faut pas non plus faire comme ils disent.
(Le Coin du Ronchon, La Nation du 3 mai 2013)