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Décroissants en croissance

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On connaissait le croissant rouge, mouvement destiné à alléger les souffrances humaines. A l’opposé, nous voici désormais face aux décroissants verts, dont le porte étendard local est un politicien père au foyer réclamant que l’Etat limite notre mobilité, limite notre consommation d’énergie (toutes sources confondues), limite la température dans nos habitations, limite la production de nos entreprises et limite nos revenus, tout en augmentant les taxes et les prélèvements.1

Ce programme de croissance à tout prix du contrôle étatique, après avoir séduit l’année passée près de la moitié des députés au Grand Conseil, a maintenant convaincu une majorité d’électeurs à Vevey. Ainsi le nouveau municipal décroissant-alternatif, que d’aucuns compareraient volontiers à Mao Tsé-toung ou à Kim Jong-un, nous semble plutôt s’inscrire dans la lignée de Sir Winston Churchill, qui a su se rendre populaire tout en ne promettant que du sang et des larmes – à cette différence toutefois que l’ancien Premier ministre britannique ne ménageait pas son énergie, ni n’exigeait cela des autres.

Dans ses premières déclarations, celui qui se présente comme «objecteur de croissance» a déjà affirmé que la décroissance ne s’appliquerait pas aux impôts. On ne l’a par ailleurs pas entendu s’insurger contre la croissance de ses soutiens électoraux. Comme quoi tout est relatif.

(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 2153, 17 juillet 2020)